L’endurance fait partie intégrante du sport auto, et ce depuis toujours. Je n’ai encore jamais eu l’occasion d’assister à une course de ce genre. L’annonce des 6 Heures de Dijon semble être l’occasion parfaite de me familiariser avec ce format, avant de me lancer dans des courses de plus grosses envergures, et de durée plus longue. Après un rapide inventaire de la liste des engagés, je fonce à Dijon le samedi matin, la journée étant dédiée à l’endurance VHC. L’épreuve qui se déroule à Prenois compte double pour le championnat, et nul doute que ce sera un tournant pour le championnat, déjà très disputé.


J’arrive sur place assez tard. Les moteurs rugissent déjà, je me dépêche donc d’aller retirer mon entrée, et je me précipite sur l’enceinte du circuit. Là, j’y retrouve Nicolas, de Luxury-Cars, qui souhaite faire un tour de paddock. Au loin, une silhouette garée en pré-grille m’intrigue. Bon, ce n’est pas une ancienne, je ne m’attarderais pas sur son compte aujourd’hui.




Pas de temps à perdre, il faut parcourir les paddocks au plus vite, surtout qu’il est déjà tard. La première bonne surprise qui s’offre à nous est cette sublime Porsche 911 SC. Seul bémol, le cadre laisse clairement à désirer, avec ce plateau et la poubelle en fond. Deuxième remarque, beaucoup plus gênante, la luminosité du ciel grisâtre est catastrophique.. Tant pis, il faudra composer avec, en espérant une petite amélioration en cours de journée. Ce modèle de 408 chevaux, soit 23 de plus que le modèle de base, est en fait une série limitée à 250 exemplaires à travers le monde. Il faut aimer..




Bien cachée derrière une remorque de motor-home, un autre modèle fort sympathique. Il s’agit là d’une Nissan GT-R. Beaucoup moins onéreuse que sa concurrente allemande, la GT-R a un physique particulier, qui la démarque assez des autres supercars. Ses performances n’en restent pas moins honorables, puisque le V6 bi-turbo délivre officiellement 485cv, mais aurait été mesuré en réalité aux alentours de 520cv.




Un grondement passe dans mon dos. Demi-tour d’urgence, il s’agit d’une Ford GT. Nous nous dépêchons d’aller la voir de plus près. Ce n’est pas ma première, et je dois reconnaitre que le gris me séduit beaucoup moins que la décoration Gulf apparue au GT Rallye. Toujours est-il que ce modèle vaut le détour. Grand bien m'en a pris de ne pas trainer, puisque le voilà déjà qui s’échappe.




D’après un employé de la sécurité, le parking regorgerait de belles voitures. Il nous est même fait allusion à un « prototype de SUV Ferrari ». Je n’y crois pas du tout, mais je me dois d’aller vérifier de moi-même. Bon, le voyage ne sera pas vain, puisqu’il y a effectivement des voitures. Par exemple, ces deux Porsche Turbo S. La noire, une 996 Turbo S française avec un kit carrosserie douteux. La blanche, en revanche, est une splendide 997 Turbo venue tout droit du canton de Genève. Les plus observateurs auront reconnu le Cayenne qui est garé juste à côté.





Un peu plus loin, toujours sur le même parking, et seule au milieu de cette horde de Porsche, une belle Aston Martin DBS grise attend sagement son propriétaire, probablement en train de se délecter des essais des monoplaces sur le circuit. Le design à l’anglaise semble tellement sage sur cette voiture, qui en réalité abrite un V12 de 6000cm3, capable de propulser l’ensemble à plus de 300 km/h sans aucun mal.




Pendant ce temps, le niveau sonore sur le circuit faiblit brutalement. C’est déjà l’heure de la pause, et je n’ai pas eu le temps de mettre les pieds au bord du tracé. Tant pis, ça sera pour cet après-midi. Nous disposons de 30 minutes pour nous restaurer. Un sandwich avalé en vitesse, et c’est déjà l’heure de la reconnaissance des VHC, juste avant le départ. Cette fois-ci, je suis prêt pour accueillir la Porsche 911 3.0 RSR Gr.4. Tout de suite derrière, une Datsun Nissan 240Z fait son apparition.




Cette fois, la course est lancée, pour les 6 heures à venir. Immédiatement, la Chevron B16 de 1969, au volant de la famille Scemama impose un rythme époustouflant. Cette marque anglaise est définitivement un nom à retenir dans le milieu de l’endurance, puisqu’elle s’est illustrée à de nombreuses reprises, et toujours de fort belle manière. Le talent de Derek Bennett a fourni un nombre remarquable de voitures très performantes, allant de la divine B8 avec ses lignes sculpturales, à la redoutable B41, qui fut sa dernière œuvre.




A sa poursuite, deux Porsche 911 ont bien du mal à rester dans un rythme si soutenu, et vont très rapidement concéder du retard, qui ne cessera de s’accentuer. Cependant, la décoration du numéro 16, aux couleurs d’Angoulême, la capitale de la bande dessinée, et utilisant des images de course d’époque est très originale. La 240Z est de la partie aussi.




Moins conventionnelle, la Chevron B26 de 1976 n’en reste pas moins surprenante. Il s’agit en fait ici d’une voiture relativement connue dans le milieu, et habituée à rouler sur les circuits européens, puisque le propriétaire n’est autre que Jean-Marc Luco, un suisse collectionnant les modèles de prestige. Alignant le meilleur temps au tour, un souci mécanique l’empêche de finir la course, qu’il aurait probablement remportée. Dommage, ça sera pour une prochaine.




Je décide de me déplacer un peu vers le double-gauche de la Bretelle. Je connais relativement bien le circuit maintenant, et je sais que certains passages sont assez spectaculaires. Au pire, le virage est très photogénique. Il ne faudra d’ailleurs pas attendre longtemps pour confirmer mes dires, puisque la Porsche 911 s’offre directement une petite frayeur sur les vibreurs rendus glissants par la brume. Le rythme reste très soutenu même pour une course d’endurance VHC.




Petit détail rigolo, le numéro de plaque de cette Porsche correspond étrangement au type de la Porsche, qui est en effet une 934 Gr.4. Très impressionnante la largeur de ces 911 !




Je veux absolument varier les vues, je me décale donc légèrement pour me décentrer par rapport à la piste, à l’aide du 100-400, je vais chercher les clichés au niveau où les voitures déboulent de la bute avec la vallée en contre-bas. J’aime assez cette vue que je n’exploite pas assez souvent.




Une autre Porsche 911 RSR 3.0, à la déco sobre et charmeuse. Cette voiture est très particulière. En effet, Porsche l’a construite de manière très restreinte, dans l’unique but de la mettre sur piste. Ainsi, sa conception a été particulièrement minutieuse, comme en témoigne l’épaisseur de la tôle qui est la plus fine jamais utilisée sur une Porsche. Toujours dans un souci de gain de poids, de très nombreuses pièces sont en fibre de verre, et l’intérieur est réduit à son plus extrême nécessaire. Ainsi, le poids total de la voiture se situe tout juste au-dessus des 900kg, avec un moteur de 330cv. Le palmarès de cette voiture dont il ne reste aujourd’hui que 49 exemplaires autour du globe n’est plus à faire.




Des Porsche, toujours des Porsche, rien que des Porsche !




Un des avantages non négligeable de la course d’endurance, c’est la durée de l’épreuve. Véritable vérité de la Palisse me direz-vous, certes. Outre le fait que l’on profite plus longtemps des voitures, ça permet de se déplacer plusieurs fois sur le circuit, sans gâcher une série complète. Bon, le risque de louper la photo exceptionnelle qui couronne la journée subsiste, mais c’est inévitable. Je décide donc de consacrer un peu de temps, pour me rendre sur la terrasse presse qui surplombe la ligne droite des stands. La Porsche 934 fait un arrêt éclair dans son box, avant de vite reprendre la piste.




En endurance, les ravitaillements et les changements de pilote sont un moment crucial. Il faut effectivement être très rapide, pour perdre le moins de temps possible sur les concurrents toujours en piste, mais à la fois ne rien négliger. Vu de l’extérieur, tout ceci semble très brouillon. Mais en réalité, chacun connait ses gestes par cœur, au millimètre près. D’ailleurs, en bout de ligne droite, l’équipage de la Porsche 996Cup s’entraine pour la course de demain.




Exceptionnellement, et vu le faible nombre de spectateurs, nous pouvons, Nicolas et moi, accéder à la pitlane, et ainsi voir les écuries GT en plein préparatif. Dans les stands, c’est l’effervescence, et nous ne nous attardons pas.




Je sais que je n’ai pas pour habitude de me focaliser tant que ça sur les Porsche, mais force est de constater que je n’ai pas le choix. Il y a un nombre hallucinant de Porsche, à la fois sur la piste et dans les paddocks! Ici encore, une Porsche 911 orange. Garée juste devant le camion Michelin, je m’amuse à jouer avec les bornes peintes en orange. On aime ou on n’aime pas.




Dans l’allée principale, devinez ce qu’on retrouve? Une Porsche vous dites? Bingo! Une nouvelle fois, une Porsche joue la provocation en se garant devant deux camions Mercedes, histoire de rappeler qui est le chef parmi les constructeurs germaniques. Pendant ce temps, la 911 N°25 fait le plein de carburant, sous l’œil attentif du personnel de sécurité, prêt à intervenir au moindre incident. La DBS suisse prend le chemin du retour.




Une des zone les moins exploitées, photographiquement du circuit reste les Sablières. Bien que la forme du tracé s’y prête, les grillages très massifs et hauts ici empêchent toute facilité, et entrainent un taux d’échec très important. J’y passe, par acquis de conscience, mais ne m’y attarde pas.




Je fonce directement au point de freinage de la cuvette, un autre endroit que j’affectionne beaucoup. C’est en effet d’ici que la plupart des photos avec un retour de flamme ont été prises, et bien souvent, les voitures prennent des appuis très brutaux. En parlant d’appuis brutaux, on dirait bien que cette petite 911 a fait une rencontre. Les 911 RSR 3.0 continuent leur balai, sans faiblir, toujours aussi impressionnantes, même si nous somme bientôt à mi-course.




La Parabolique semble ouverte. Nous décidons donc nous placer sur l’espèce de petit promontoire qui donne un point de vue imprenable sur la cuvette. J’ai bientôt fait l’inventaire du plateau complet. C’est là par contre un inconvénient de l’endurance, il est difficile d’être innovant dans les modèles, et les photos peuvent vite être lassantes. Sauf quand les pilotes s’en donnent à cœur joie, et attaquent comme au premier tour d’une course Sprint.





Le soleil fait son apparition de manière assez franche. Cela fait maintenant 4 heures que le départ a été donné. Je suis très surpris que le rythme, si élevé ne faiblisse pas du tout, même au bout de 4 heures. Je retourne faire un petit tour sur la sortie de la Bretelle. Les dépassements s’enchainent, mais tous semblent rodés, et il n’y a que très peu d’incidents.





Deux petits filés, pour la forme, pendant que je me déplace, en longeant Gorgeolles.




De là, j’ai un angle privilégié sur le moment où les voitures sont au maximum de leur appui, ce qui conduit parfois à des figures assez originales. Mais aujourd’hui, il faut croire que les châssis Porsche sont excellents, puisque toutes les roues restent rivées à l’asphalte.




Nicolas m’appelle, il en a marre, et s’apprête à rentrer. J’avoue commencer à trouver le temps long également, et nous nous retrouvons devant cette Porsche 3.0 qui porte les stigmates d’un accrochage. Peut-être avec la une autre 911 jaune N°6, à tout hasard?




Sur le retour, un avion passe étrangement bas au-dessus de la route. Effectivement, l’aérodrome de Darois, à seulement quelques kilomètres du circuit, organise un meeting aérien ce weekend. Bon, nous ne sommes pas à 5 minutes près, et ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça. Par contre, je suis bien incapable de décrire les figures réalisées. C’est beau, mais de là à rester des heures le nez en l’air, non, d’autant plus que le 100-400mm commence réellement se faire sentir.





Cette fois-ci, c’est la bonne. Direction Besançon, sans le moindre souci. Le bilan de la journée est très positif, et je suis ravi de ce premier contact avec le monde de l’endurance, même historique. En plus, j’ai le sentiment d’avoir quelques clichés plutôt sympas, et je commence à mieux connaitre le 100-400mm qui donne vraiment entière satisfaction. J’hésitais à faire le déplacement deux jours de suite à Prenois, mais la vision, même furtive des Mosler et du plateau ne me laisse plus aucun doute. A demain Prenois !


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dimanche 26 décembre 2010 20h50 - posté par Fluide Glacial

Bel article Steph! Beaucoup de porsche comme tu l'as dit mais c'est un régale pour les yeux

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