Comme je vous l'avais laissé entendre dans le reportage sur le Salon de l'Automobile à Genève, la présence exclusive de l'Alfa Giulietta à Besançon est l'occasion de lui consacrer une page. Ce nouveau modèle de la firme italienne fait beaucoup parler en ce moment. En effet, les habitués de la marque y voient là une réincarnation d'un nom de légende, tandis que les amateurs la trouvent séduisante. Découvrons ensemble l'histoire et les caractéristiques de cette prometteuse Giulietta.


Actuellement, rares sont ceux qui peuvent se targuer d'avoir connu la Giulietta, première du nom. Oui, vous avez bien lu, il y a eu une version de la Giulietta avant celle annoncée en 2009. Ou plutôt des versions. Entre 1954 et 1964, Alfa décline la compacte sportive sous différentes versions animées par un bloc moteur de 1,6 L, innovant par sa conception. En effet, celui-ci était conçu en aluminium, avec un double arbre à cames en tête. Banal aujourd'hui me direz-vous, mais définitivement révolutionnaire il y a quelques années. Les versions les plus abouties développaient 113cv pour un poids qui laisse rêveur d'environ 800kg.


Cette Giulietta a été la première voiture de série à être dotée d'une boite à 5 rapports, ce qui lui permettait de frôler avec la vitesse de 200 km/h. Performante et racée, il s'est écoulé 130000 exemplaires de la Giulietta de première génération jusqu'en 64, ou Alfa décide de mettre fin à sa production, laissant place à la Giulia. Peu sont probablement encore en état de marche de nos jours.




En 1977, Alfa Romeo décide de raviver le flamme qui brûle dans le cœur des amoureux de la mythique Giullieta arretée 13 ans plus tôt. La Nuovo Giulietta a donc la lourde tache d'endosser un nom déjà plein de souvenirs. Cette fois-ci, c'est sous la forme d'une berline trois volumes, à vocation plus sportive qu'une Alfetta, avec laquelle elle partage sa plateforme et toute la mécanique.


Elle sera remaniée 2 fois, voyant ses puissances et finitions se diversifier. En effet, la version de base étant propulsée par un timide 1,3L de 95cv, alors que la version embarquant un 2,0 Turbo Autodelta aligne fièrement 170cv. Pour un ensemble d'un petit peu plus d'une tonne, là aussi, il y a de quoi faire pâlir de jalousie beaucoup de constructeurs actuels.


En 1985, les usines d'Arese cessent la production de la Giulietta deuxième du nom, après avoir vu 379000 voitures passer sur les chaines d'assemblage. Défi relevé pour cette descendante d'un mythe, qui peut paisiblement laisser sa place à l'Alfa 75.




Intéressons nous maintenanr à la nouvelle Giulietta. Sa vocation première, est de renouveler la gamme des compactes. D'abord annoncée sous le nom de projet très évocateur de 149, elle est viendra clairement remplacer la 147. C'est donc, à titre personnel, un modèle que j'attends avec beaucoup d'espoir, puisque c'est la descendance directe d'un modèle que je connais bien, puisque étant possesseur d'une 147. Alfa a également clairement affiché sa volonté d'augmenter la prestation globale, déjà très honorable de la 147. Alors, réelle chasse aux allemandes, ou souhait de prouver au groupe Fiat que Alfa et ses voitures prestigieuses a toujours raison d'être ?


La nouvelle concession Alfa Roméo hébergeait donc en exclusivité une Giulietta Quadrifolio Verde. C'est, à l'heure actuelle, la version la plus sportive annoncée par la firme, et sa finition est assez complète. Présentée ici en Noir Etna, la ligne est très agressive, tout en restant à la fois chic et noble. On retrouve l'esprit et la ligne conductrice de la 147 (même si ces deux modèles sont diffèrents en bien des points), chose plutôt rassurante étant donné qu'une décennie sépare leur conception. J'ai la chance au moment de ma visite que la concession ne soit pas surchargée de clients ou autres passionnés, ce qui me permet de faire les cadrages que je souhaite, dans la plupart des cas.




La calandre avant n'est pas laissée au hasard, puisqu'elle adopte le style propre aux Alfa depuis longtemps, avec triangle doré en position centrale, fièrement signé du fameux biscione, serpent symbole , emblème de la marque depuis toujours. D'autre part, la forme de cette face avant n'est pas sans rappeler celle de la 8C Competizione, ce qui affute encore un peu plus le caractère sport et prestigieux de cette Giulietta. Une sorte de 8C grand public?


Les grilles alvéolées laissant s'engouffrer le flux d'air jusqu'à système de refroidissement sont discrètes et relativement bien dimensionnées. L'apparition de lenticulaires antibrouillards de chaque coté dans des grilles factices rappelle sans problème le style adopté par la finition TI sur les modèles de la 147. Et c'est tant mieux ainsi.


On remarquera aussi les rétroviseurs, désormais chromés, tout en restant plus ou moins mats. C'est également le cas des encadrements de fenêtres sur cette version Quadrifolio Verde. Bien sûr, les rétroviseurs et fenêtres sont bien évidement motorisés et contrôlés électriquement de l'intérieur.




Les phares changent radicalement de style, par contre. On avait l'habitude des phares assez profilés, plutôt horizontaux sur la gamme Alfa (avec la 147, les 159, ou même la Brera). Il semblerait qu'il faille se faire une raison, et s'habituer à des phares plus conventionnels, comme en témoigne ceux de la MiTo. Les quatre carrés sont des veilleuses à diode, qui seront probablement allumés en permanence, un peu à la manière des Audi. Simple choix stylistique, ou est-ce clairement dû à l'annonce prochaine d'une loi européenne obligeant l'allumage diurne des feux ? En tout cas, celà devrait sans aucun doute donner un regard assez sympa, même si je l'aurais préféré un peu plus agressif.




Très bien équipée, la Quadrifolio Verde se voit chausser des jantes alliage en 17 pouces. Le design Veloce est très épuré, j'aime beaucoup!. La couleur grise brossée est également très originale, et ne dénote pas du tout avec l'esprit sport du trèfle à quatre feuilles. Les pneus sont assez imposants, avec une largeur de 225 qui semble se généraliser et tend à s'imposer comme la nouvelle taille standard sur ce genre de véhicule.


Sur cette version, les étriers renforcés sont peints en rouge. Ça, c'est le genre de détail qui donne vraiment un style définitivement sportif à une voiture. Je suis totalement fan de ces énormes étriers qui semblent prêts à saisir les disques à plein mordant à peine la pédale de frein effleurée.




L'arrière de la voiture se voit légèrement bodybuildé, et reprend vraiment des traits de ressemblance avec sa petite sœur, la Mi.To. Les phares arrières sont en revanche un peu dans la continuité de ceux de la 147, avec des blocs optiques effilés, à cheval sur les ailes et le haillon de coffre. Un peu d'identitarisme ne fait pas de mal, et je préfère largement ce design à celui des feux arrière de la Mi.To.


Le système d'échappement est très classique, mais joli. De toute façon, il était difficile de faire plus moche que l'immonde marmite d'échappement qui pendait sous la 147, et avait la fâcheuse tendance à toujours s'abimer rapidement. Bon nombre de possesseurs ont connu ce problème, moi le premier. Ici, la disposition en duplex (sortie de part et d'autre de la voiture) donne un aspect à la fois moderne, mais agressif. Ne vous est-il jamais arriver de vous demander quelle est la motorisation d'une voiture que vous suivez tant son échappement est imposant?




L'intérieur de l'habitacle allie à la fois esprit sportif, cher à Alfa, et noblesse du design. Le noir est de mise sur cette version, mais tout laisse espérer un panel de choix fort varié, avec des cuirs rouges, ou plus les plus classiques gris ou marron. Là, la surpiqure rouge sur les sièges, les pommeaux et le volant sont du plus bel effet. L'aluminium est également employé à bon escient avec un imposant pédalier, ou le retour des cadrans en fut, comme sur la première génération de 147. On remarquera l'ordinateur de bord en position centrale qui héberge très probablement un GPS intégré et toute sorte de diagnostic sur le véhicule. Malheureusement, l'absence de batterie n'a pas permis de le voir en œuvre. Tant pis, ca sera pour une prochaine fois.


Par contre, je ne suis pas spécialement fan de la console centrale, ni même de l'autoradio, qui sont trop dans un style allemand, et perdent ainsi le cachet du constructeur. Il en va de même pour le tableau de bord qui part vers le côté passager, qui aurait sans doute gagner à être noir, voir dans un simili carbone, au moins sur cette version QV.




A l'arrière, les sièges sont confortables et l'espace semble être spacieux. La banquette, harmonie oblige, est aussi en cuir surpiqué rouge, ce qui correspond à la sellerie sport. On remarque que les vitres arrières sont sur-teintées. Du plus bel effet vue de l'extérieur, dommage que ce traitement de faveur ne soit réservé qu'a la QV.




Il est temps de s'attaquer à un sujet important: le moteur. Alfa Roméo proposera plusieurs versions de ses moteurs, avec des puissances s'étalant sur à peu près toutes les plages, grosso modo de 105cv a 170cv, de quoi satisfaire un large panel de clientèle. Ici, c'est tout a fait différent, puisque cette version Quadrifolio, gage de performance et d'exclusivité développe 235cv. En effet, elle héberge un moteur 4 cylindres dont le nom fera frémir les plus fervents alfistes, puisqu'il ne s'agit pas moins d'un remaniement du célèbre 1750. Le moteur, à l'époque était tout à fait révolutionnaire, et les performances vraiment saisissantes. De plus, il est toujours connu des fans, puisqu'il a donné vie à l'Alfa Berline, dont bon nombre se souviennent.


Aujourd'hui, plus rien à voir avec le bloc d'origine, juste le nom, qui ravive des souvenirs. En effet, le 1750i TB développe 235cv exclusivement réservé à la QV. Le bloc de 1,7L est suralimenté par un turbocompresseur . Côté écologie, il ne rejette 'que' 179g/km, ce qui montre les efforts réalisés par les constructeurs pour réduire les émissions, même sur des moteurs pointus comme celui-ci.




Nul doute que les performances seront au rendez-vous, mais il semble assez hasardeux d'annoncer des chiffres, il semblerait que la QV soit à même d'avaler le 0/100 km/h en 6,8s, et d'atteindre une vitesse maximale de 242km/h. Il n'est question nulle part de consommation, mais ce point étant un argument de vente, il estfort probable qu'Alfa s'est penché aussi sur ce sujet.


Un peu moins puissante qu'une Audi S3 ou qu'une Golf R, elle est également plus légère, ce qui compensera surement l'écart, faible, de puissance. En effet, une S3 affiche un rapport poids/puissance de 5,64 kg/cv, alors que la Giulietta pèse 1320kg, pour 235cv, soit 5,62 kg/cv. Du pareil au même, sur le papier en tout cas.




Très séduisante, et vraiment bien finie à un ou deux détails qui me déplaisent un peu, cette Giulietta Quadrifolio Verde est vraiment de belle facture. En parlant de facture, le prix annoncé pour ce modèle semble être de l'ordre de 32500€. Rien de bien étonnant quand on sait que la 147 GTA se vendait a la base 35500€ neuve, pour des performances assez similaires (l'identité du V6 en plus pour l'ancêtre). C'est sur, ce n'est pas à la portée de toutes les bourses, mais on ne peut pas aller rivaliser avec les allemandes sans quelques concessions budgétaires tendant à égaliser les tarifs avec ces dernières.


On espère également qu'un sigle avec le trèfle vert apparaitra sur la voiture, mais celà semble fort probable vu qu'il est deja apposé sur la Mi.To QV par exemple, et que la Giulietta était badgée au salon de Genève.


Merci à Francis FENDRICH, Directeur de la concession ALFA ROMEO BESANCON de m'avoir permis de photographier ce modèle présent aux journées portes ouvertes de manière trop éphémère, en espérant pouvoir la revoir rapidement, et qui sait, envisager un essai accompagné d'un shooting en extérieur, toujours plus joli qu'en concession.


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samedi 8 mai 2010 21h01 - posté par Roxxi

Voiture la plus écrivain et journaliste,
Belles photos!
Etes-vous sûr que ce soit l'Etna Nero
ou il pourrait pastel Nero?

dimanche 4 avril 2010 14h00 - posté par uhm...

pas mal, pas mal...;)

vendredi 26 mars 2010 13h42 - posté par MOUMOU

...La même à la maison mais en rouge...c'est ok pour moi.

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