Pendant ce long week-end à Dijon, les FFSA célébraient le grand retour des camions de course sur le circuit de Prenois. Longtemps absents, ils renouent en force avec ce magnifique tracé très technique. J'ai décidé de faire une page dédiée à ces camions seuls, même si elle regroupe les images des deux jours, afin de ne pas rendre les autres trop lourdes à lire. Je m'excuse également du délais de mise à jour, mais le temps libre se fait rare en ce moment.


Les commissaires mettent rapidement en place des murs de pneus pour empêcher l'utilisation trop abusive des vibreurs et autres dégagements.




Très vite, des grondements se font entendre au loin. Les premiers camions déboulent d'un seul coup et passent très vite, parfois en travers, la grande courbe de Gorgeolles. Impressionnant, vraiment!.





Dans ce monde où la part belle est donnée à la testostérone, une femme a réussi à se faire un nom. Jennifer Janiec pilote avec brio ce camion.




Ces camions, qui avaient quitté Dijon en 2001, font un retour soumis à un règlement strict. En effet, leur vitesse est désormais bridée à 160 km/h, au lieu des 250 km/h possibles. C'est pour des raisons évidentes de sécurité, puisque à ces vitesses, il est compliqué d'arrêter un mastodonte de 5,5 tonnes.




D'autre part, on a limité leur puissance à environ 1000 chevaux, alors que de l'aveu du mécanicien de Collett, il est possible de pousser cette puissance à plus de 1500 chevaux. Le seul souci, c'est que de telles puissances ne laissent que peu de chance de survie au revêtement de la piste.




Je quitte Gorgeolles pour aller voir les passages dans la cuvette. Moins rapide que les voitures, çà n'en reste pas moins impressionnant. D'autant plus quand un des monstres loupe un virage et se retrouve à la limite de percuter le rail.





Quelques petits filés de loin, dont un avec deux camions. Décidément, ca aura été la nouveauté technique du weekend, et au final, ca n'est pas si compliqué que cela.





Je varie un peu les vues, et élargissant un peu, ou en cadrant plus tôt dans la courbe. Çà change un peu, même si l'intérêt n'est pas énorme. Il y a beaucoup de monde sur les abords du circuit, malgré la météo mitigée.





A la pause, je file dans les paddocks des camions. Finalement, pas évident de faire des photos de ces monstres, et je préfère discuter une quinzaine de minutes avec le mécanicien du camion de Collett. Tout en anglais, il me donne des détails très intéressants, comme la présence d'une caméra filmant ce qu'il se passe à l'arrière, ou le fait que les freins soient refroidis par une injection de vapeur d'eau. C'est dans ces coups de temps là qu'il n'est pas négligeable de pouvoir se débrouiller facilement avec la langue de Shakespeare.




Dans l'après-midi, la première course a lieu. Voir tous ces camions en meute nous fait nous sentir petit. Tant de puissance et de masse en si peu de place, c'est assez inhabituel, même pour un habitué du sport automobile.




En principe, la fumée noire est strictement interdite, mais ce camion semble souffrir d'un problème mécanique.




Pour les autres, la course se déroule sans grand événement majeur.





Le lendemain matin, il y a une brume persistante sur le circuit, mais les rayons du soleil frappent quand même ce voile. Ça me donne l'idée de me positionner en face de la sortie de la Parabolique, pour saisir les camions au moment où ils apparaissent au sommet de la bosse. J'aime bien l'effet. La température assez fraiche permet également de bien voir la vapeur qui s'échappe des freins avant.





La piste est légèrement humide, et l'adhérence semble extrêmement précaire, comme en témoignent les énormes dérives de ces monstres.





Je fais une série de filés. J'avoue aimer de plus en plus l'effet de ce genre de cliché, et je vais essayer d'en faire plus à l'avenir, même si ca induit un taux d'échec assez conséquent.




Soudainement, un camion, légèrement trop optimiste se met à glisser, dépassant le point de non retour. J'ai eu le temps de revenir à une vitesse d'obturation convenable de manière assez instinctive. Pas de dégâts, mais je me rend compte que finalement, l'inertie sur ce genre d'engin est très importante. Le coup de gaz pour relancer la mécanique libère un nuage de fumée noire assez dense.





Ce matin, les esprits sont très énervés, et la bataille fait rage. On a du mal à imaginer un intérieur avec un véhicule de 5,5 tonnes, et pourtant, ca existe.




Le temps s'éclaircit un peu, et le soleil dissipe les nappes brumeuses. Je vais voir si il y a quelque chose à exploiter depuis mon point de chasse à la flamme pour les Clio Cup. Pas de flamme à signaler là, mais on peut voir l'important transfert de masse sur les appuis de la cuvette.





J'en profite d'avoir une butte pour me mettre un peu en retrait, et faire des filés au moment du freinage. On voit les grillages, c'est un fait, mais je peux difficilement faire autrement, alors il faut y voir du charme.




La dernière course du weekend démarre en trombe, avec des camions visiblement prêts à en découdre d'un bout à l'autre de la course.





Une averse soudaine trompe les pilotes, ce qui conduit Robineau à la faute. Un énorme tête à queue au moment de la remise des gaz. J'étais persuadé que ceci allait se finir en tonneau, mais visiblement le centre de gravité des camions est très bas, puisqu'il reste sur ses roues, ouvrant derrière lui d'énorme ornières.





Tous les camions rencontrent des problèmes pour garder le contrôle, mais le rythme ne ralentit pas du tout, ce qui assure le spectacle.




Je me rend compte qu'un des camions perd du liquide, ce qui pourrait correspondre à cette difficulté à conserver la trajectoire. On dirait un bouchon de vase d'expansion du liquide de refroidissement qui fuit, mais je suis loin d'être un expert en mécanique des camions, je peux donc me tromper.




La pluie redouble, et cette fois-ci, tout le monde se calme, puisque çà devient dangereux. Mais, pas avare en spectacle, un grand nombre de pilotes gratifie les spectateurs courageux de gros travers volontaires.




Le camion numéro 4 pourrait presque songer à se reconvertir dans la compétition de drift, tout comme le 2, qui a un look un peu atypique de camion sillonnant la célèbre road 66 aux États-Unis.





Richard Collett survole ce weekend, même si il est sous le coup d'une investigation concernant un possible overspeed, ce qui signifie que sa vitesse maximum pourrait dépasser les 160 km/h réglementaires. Bon joueur, il a prévenu les officiels de son propre choix, et joue le jeu jusqu'au bout.




Des travers, toujours des travers.






Soudain, dans mon dos, un énorme tracé de fumée blanche. Je m'interroge sur l'origine de cette fumée. J'obtiens rapidement la réponse en voyant le camion de Crozier arrivé en laissant s'échapper un épais nuage opaque. Probablement une casse moteur, mais cela semble dangereux pour les poursuivants.





Cette casse moteur intervient dans le dernier tour, ce qui nous rappelle que tant que le drapeau à damiers n'est pas franchi, la course n'est pas fini.




Ce week-end était très intéressant, avec beaucoup de photos assez spectaculaires. La météo a finalement été assez clémente sur l'ensemble, même si on n'a a aucun moment eu vraiment un grand soleil franc. Tant pis, je commence à avoir l'habitude.


J'ai le sentiment de progresser, même si je suis conscient qu'il reste encore beaucoup de chemin pour arriver au niveau de certains artistes sur le net. J'aimerais bien pouvoir rejoindre certains photographes de l'autre coté des grillages, mais je n'ai pas assez d'assise pour demander une accréditation, à mon avis. On envisagera la chose pour l'an prochain.


On se retrouve rapidement avec la Giornata d'Arlay, même si là aussi j'ai du retard. Promis, je rattrape cela rapidement.


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vendredi 6 août 2010 08h36 - posté par ya-pa-photo

J'aime j'aime j'aime!

lundi 7 juin 2010 17h48 - posté par jefautograf31

Toujours aussi passionnant tes reportages agrémentés de belles photos. D'amateur à amateur, on a tous le même problème : les grillages et le peu de possibilité d'aller aux bons endroits. Voilà 10 ans que je rôde sur les circuits et j'ai pas de solution efficace. Certains circuits te le permettent sous décharge de responsabilité mais ça reste des exceptions. En tout cas, continue ton site est vraiment génial et n'hésite pas à continuer à venir nous rendre visite sur le topic de la C de Fr des circuits
En juillet je serai à l'anneau du Rhin puis à Albi.
Photographiquement et j'espère à un de ces jours (physiquement).

dimanche 6 juin 2010 19h28 - posté par Iroza

Impressionnant ces monstres .. Difficile d'imaginé un inter' et pourtant !

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