Tout juste une semaine après la Ronde du Jura, qui nous proposait un rallye très rapide avec des voitures modernes, le 56e Rallye Neige & Glace de Malbuisson se tient, comme son nom l'indique, dans la région de la 'Petite Sibérie', qui est une des régions les plus froides de France. D'après le programme, la course de régularité s'étalait du lundi matin au mercredi soir, ce qui compromettait beaucoup les possibilités d'aller voir les voitures passer.


Mais Patrick Zaniroli, l'organisateur du rallye, en a décidé autrement. En effet, l'ajout d'un prologue de nuit le dimanche en fin de soirée, juste après la fin des vérifications techniques des voitures, n'est pas sans déplaire aux spectateurs, curieux ou passionnés.


Je décide donc de me rendre à Malbuisson en milieu d'après-midi, histoire de flâner un peu sur le parc fermé, en espérant trouver quelques modèles assez rares, puis aller me poster le long du parcours du prologue pour prendre en photo les équipages au moment de leur passage.


Après une bonne heure de route, sans la moindre péripétie, j'aperçois le lac de Malbuisson en contre-bas. Cette région semble d'ailleurs très jolie, et nul doute que les concurrents auront beaucoup de plaisir à sillonner les routes alentours. Une Visa 1000 4*4 me double, et elle me servira de guide jusqu'à Malbuisson.


Direction le parc fermé, où je tombe nez à nez avec une Alfa Romeo Sprint Veloce, dans sa version coupé Bertone de 1966. Je dois avouer que traditionnellement les Alfa sont rouges, mais il faut bien le reconnaître, la livrée jaune de celle-ci lui va à ravir. La journée commence bien, en ce qui me concerne tout du moins.




A quelques mètres d'ici, une bonne trentaine de personne entoure deux voitures assez basses. De loin, je ne reconnais pas les voitures, et je décide d'aller voir de plus près. Et là, deux Lancia Stratos GP4 sont garées l'une à coté de l'autre, toutes deux dans un état impressionnant. Je n'en avais jamais vu en vrai, et c'est finalement de très jolies voitures.




Une fois sur le parc, c'est le paradis des amateurs de vieilles mécaniques. Il y en a de tous les âges et de tous les genres. Le plus dur reste de choisir celle qu'on préfère. Un alignement assez peu banal m'interpelle la rétine. Des Alpine Berlinette A110 se pavanent dans leur emplacement attitré. Les deux bleues sont 1300, tandis que la rouge est une 1600S. Ces voitures sont désormais d'une valeur très élevée du fait de leur rareté. Des pièces d'exception, sans aucun doute.




Non loin se trouve une Porsche 911 Carrera de 1976. C'est un modèle que l'on a l'habitude de voir plus fréquemment, puisque un bon nombre de celles-ci sont encore en circulation.




De loin, il me semble apercevoir un muscle car américain. En fait, non, je me suis outrageusement trompé, car c'est une Saab Sonet III97 de 1974. Je découvre totalement ce modèle, qui me plait assez dans ce coloris jaune pale souligné par ces bandes noires sur les bas de caisse qui le déguise vraiment en copie d'une Mustang. Peut-être un de mes modèles préfèrés.




Les allemandes sont bien représentées sur ce parc, avec cette surprenante BMW M3 AKO5, qui semble dénaturer un peu au milieu de tous ces modèles anciens. Tant pis, j'aime beaucoup ces M3, et elle a sa place ici. La Volkswagen Golf GTI de 1981 n'a plus grand chose à voir avec les versions contemporaines des Golf, il faut bien l'avouer.




Retour à des millésimes plus anciens, avec cette superbe Alfa Romeo Giulia Super, qui arrive tout droit de Suisse, avec un copilote néerlandais. Comme quoi, les rallyes historiques aussi drainent des pilotes de tous horizons. Le pilote, très sympathique, avec qui j'ai discuté un petit moment m'avouera avoir remplacé le bloc motopropulseur d'origine par un 1600, bénéficiant de 10cv de plus.
C'est peu me direz-vous, mais sur un châssis d'un petit peu moins de 1000kg. Le propriétaire n'ose qu'a moitié m'annoncer un prix de plusieurs dizaines de milliers d'euros, qui, semblerait soit encore sous-évalué par rapport à la réalité. Quoi qu'il en soit, c'est une très jolie voiture qui a été restaurée à partir d'une caisse nue.




Toujours dans les archives italiennes, cette Lancia Fluvia HF, qui a elle aussi, je trouve, des faux-airs de musclecar américain. Nos designers européens auraient-ils été complexés par les succès outre-atlantique?




Un autre modèle dans la lignée, l'Opel Ascona 1,9 SR, modèle de 1974, pilotée par un duo belge. Je pense que c'est une des plus belles Opel historiques, selon moi.




C'est alors qu'une autre Opel, plus massive, moins racée vient rompre le calme du parc fermé. C'est l'Opel Manta de 1976. Rien de bien particulier, au milieu de cet impressionnant plateau historique. Cela dit, au volant, pas moins que Henri Pescarolo, célébrissime pilote français, vainqueur 4 fois des 24 Heures du Mans, et actuellement propriétaire de l'écurie Pescarolo Sport, sérieuse prétendante à la victoire, régulièrement en bagarre avec les Audi, les Peugeot et consorts.




Très rapidement, une foule de photographes s'empressera de l'entourer. J'ai eu la chance de le voir arriver de loin et d'être sur place le premier, ce qui me permet une photo sans trop de monde autour. Je continue mon tour sur le parc, pendant que la foule s'agglutine autour de Pescarolo. Là, je vais faire une rencontre inédite.


Une Datsun 240Z passe dans mon dos. Immédiatement, je décide de m'y rendre pour tenter de discuter avec le pilote. Pari gagné, puisque celui-ci s'avère être très sympathique, et n'hésite pas a discuter avec moi.
D'ailleurs, les plus observateurs d'entre vous auront remarqué que cette voiture est étrangement similaire à la 240Z de Nissan. Et pour cause, c'est en fait la même voiture, qui a été rebaptisée Datsun pour pouvoir s'exporter aux Etats-Unis, et ainsi concurrencer les Jaguar Type-E. J'aime beaucoup la déco à la fois sobre et sportive de cette voiture, et la discussion avec le pilote fait que ce sera sans doute le coup de cœur de ce rallye.




A partir de là, j'ai rencontré quelques soucis avec ma carte mémoire, qui font que j'ai perdu quelques clichés de la fin du plateau, notamment des photos de l'habitacle de la 240Z et de la Giulia. Ça m'apprendra à ne pas prendre de précautions au moment de transférer mes photos sur le disque dur. Tant pis, c'est trop tard, et j'ai eu beau tout essayer, rien n'y fait.


Il est maintenant 17:30, et c'est le moment de monter se placer le long de la route pour assister au prologue. Un commissaire me prend au passage et m'évite 2 kilomètres de marche avec tout le matériel dans le dos. Fort aimable, d'autant plus qu'il me dépose dans l'épingle la plus spectaculaire du parcours.


La nuit très sombre n'aide pas vraiment à parfaire mes cadrages, et la vitesse de passage étant réduite, peu de photos sont très impressionnantes.





La Porsche 914 serait-elle si bruyante que cà ? De l'extérieur, ca ne m'a pas choqué en tout cas.




Une française, avec la Peugeot 504 Berline. N'étant absolument pas fan des voitures française, je ne lui trouve pas grand chose de remarquable, mais soit ..




L'Opel Commodore GSE et l'Opel Kadett GT/E ont tout à fait bien compris le principe de la dérive du train arrière. Tout comme l'Opel Manta de Christian Jupsin ou la Porsche Carrera.





L'Audi Quattro Turbo, très propre et prudente, mais avec cette mélodie toujours aussi envoutante.




Pour finir, deux voitures participaient au trophée Morgan, ou l'on retrouve deux modèles venus d'assez loin pour cette épreuve.




Je découvrais cette épreuve historique, pour la première fois. Je ne suis pas mécontent de ce dimanche après-midi, mais je ne pense pas que j'en ferais un rendez-vous tout les ans. A voir une fois, sans aucun doute, tout les ans, par forcément.
D'autre part, l'accès au parc fermé est très intéressant, et permet de discuter avec les pilotes qui sont très souvent des passionnés. En revanche, la partie rallye en elle-même n'a que peu d'intérêt pour le spectacle, puisque uniquement basée sur la régularité.


A titre perso, je suis très réjouis d'avoir pu contempler deux Stratos, des Berlinettes en nombre, et la découverte de cette 240Z, qui reste indéniablement mon coup de cœur du weekend.


En principe, il n'y a pas de reportage automobile prévu jusqu'à Salon de l'Automobile, à Genève, début mars. Mais on n'est jamais à l'abri d'une surprise.

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jeudi 1 avril 2010 13h41 - posté par jacques

pour votre information, l'Audi Quattro Turbo était sans Turbo, ni Quattro. C'est une toute gentille et sympa 1600cc. Elle fut bien courrageuse et fut surnommée au sein du rallye: la petite 80 qui va bien! :-)
Nous avons fini 5ème au général. Comme quoi, avec de petit engin, il y a moyen de faire de beau résultat et de prendre son pied.
C'était un super rallye et merci pour toutes ces photos et commentaires sympa.
Bien à vous...

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