Evenement majeur des amateurs de rallye, la Ronde du Jura se tient tout les ans dans la région des Rousses, qui n'est finalement pas très éloignée de chez moi. N'étant à la base pas un inconditionnel du rallye, loin de là même, je n'avais jamais été voir celui-ci. Mais cette année, l'achat du Reflex développe une envie de couvrir plus d'événements automobiles. La Ronde qui signe l'ouverture de la saison semble être l'occasion rêvée pour vraiment prendre contact avec l'appareil. Et en plus, la météo annonce beaucoup de neige, ce qui est plutôt sympa dans le cadre d'un rallye sur neige.


Vendredi soir, au moment de préparer le matériel, il neige plein temps, et je ne suis pas certain de pouvoir arriver à destination. Tant pis, on prépare quand même, on verra au réveil. L'appareil dans le sac, les objectifs et le trépied sont prêts. Je prend la sage décision d'emmener avec moi des sacs plastiques, au cas où il y aurai besoin de protéger l'appareil, et un parapluie monté sur un tube de parasol. Me voilà prêt à affronter le froid.


Au réveil, comme prévu, il a neigé toute la nuit, et il n'y a pas loin de 10cm chez moi. Celà promet un vrai combat sur la route. On y va, de toute façon tout est prêt.. Je décide de passer par Pontarlier, pour éviter les routes douteuses, quitte à rallonger un peu le parcours. Finalement, la chaussée est pratiquable, à condition de se méfier un peu.
On arrive au parking pile poil dans les temps, direction le Fort des Rousses, autour duquel a lieu la Speciale ES1 sur une sorte de boucle de 2km.


Comme d'habitude, les bénévoles sont très aimables, et me renseigne sur les emplacements ideaux pour faire de la photo: un talus 3/4m au dessus de la piste, qui donne une bonne visibilité sur une sortie d'épingle, un virage a 90° juste devant moi, et une grosse accélération jusqu'au freinage. Ca semble idéal. Je m'installe là, en mettant en place le trépied et en commencant mes réglages.
J'ai le temps avant que le départ soit donné et que les voitures de parade commencent à passer. Trop de temps ? Surement, puisque le froid se fait dejà sentir.


Ca y est j'entends la première voiture au loin, et la silouhette caractéristique de l'Alpine ne laisse aucun doute. L'Alpine A110 déboule à toute vitesse, le train arrière essayant désespérement de passer devant le pare-choc avant, ne me laissant même pas le temps d'allumer l'appareil et de le sortir de sa protection. Les voitures sont espacées d'environ 3 minutes, pour la parade.
La A310 se laissera prendre en photo, mais je me heurte a un autre souci, les flocons de neige... Pas le temps de chercher à regler le problème que dejà la BMW 2002TI arrive tout en travers dans la sortie d'épingle.


Un passionné de rallye m'annonce que les deux suivantes sont mythiques. Effectivement, ce sont des Audi Quattro. Je n'en avais jamais vu rouler, et le moteur allemand produit un son qu'on ne peut pas confondre. D'ailleurs, le style des pilotes est aussi très particulier, n'hésitant pas à passer très fort et à sortir large et aller appuyer l'arrière contre les murs de neige. Ca laisse présager un beau spectacle pour la suite.


La neige redouble, et je loupe la Lancia Delta Integrale. Tant pis, je l'aurais surement plus tard. La parade laisse sa place aux voitures ouvreuses, avec une étonnante Citroen Visa 1000 Piste, suivi d'une impressionnante Porsche 911 SC 3L, dont les roues arrières semblent difficilement controlables.




C'est lancé, les concurents sont désormais au départ, avec comme seul objectif, le chrono. Le style de voiture change radicalement, et on retrouve bon nombre de Mitsubishi Lancer, Subaru Imprezia. Les 4 roues motrices aident beaucoup, et les voitures semblent rivées à la neige.




On retrouve quelques voitures un peu différentes, comme une Lancia Delta, ou deux Renault GT Turbo. Une Mazda 323 GTR, modèle assez peu présent en rallye, mais pourquoi pas. Une 206 XS montre le bout de son nez.




On entre dans la catégorie suivante, avec deux Ford Escort RS2000 bleue, qui semblent presque jumelles, tant dans le pilotage que dans la livrée des machines.



Les BMW Séries 3 sont à la fête, avec des passages extrèmement impressionnant, en travers sur toute la longueur du parcours, et des équipages qui s'en donnent à coeur joie. Vraiment, chapeau bas messieurs, le domptage de tels engins n'est pas évident.
A titre personnel, je regrette tout de même l'absence d'une M3 Sport Evo qui est un modèle que j'apprécie énormement.




Une série de Peugeot 205 GTI ou autres Renault Clio arrive a nouveau, avec deux trois passages assez remarquables


Une Ford Escort RS Cosworth un poil audacieuse nous offre une belle figure de style dans la neige fraiche qui forme des murs de chaque coté de la piste. Serein, il s'en sort dignement et continue son tour chrono.


Le point d'observation devenant un poil monotone, je décide d'aller explorer un peu plus loin sur le circuit. Je coupe à travers les bois, suivant une trace dejà formée par d'autres spectateurs. J'arrive finalement rapidement au niveau du virage que je voyais au loin. Le virage est assez prisé des spectateurs, et la prise de photo ne semble pas chose facile.
Je prend la décision de m'écarter un peu du reste de la foule, pour prendre les voitures d'un peu plus loin, quitte à zoomer un peu plus.


Le virage est très verglacé, et en leger dévers. Bon nombre de voitures finissent par venir s'appuyer dans le mur extérieur, projettant des litres de neige sur les plus insouciants parmi la foule. Souvent, les voitures restent plantées dans le mur et les spectateurs s'empressent d'aller pousser pour les sortir de là.


Il y'a un peu plus de place, je remet l'objectif le plus court pour essayer de prendre des photos au moment où les voitures passent en face de moi, juste au coin du pilier du fort. Seul souci, je suis gené par les nombreux bras des gens. Je tente le coup de demander aux commissaires si je ne peux pas me mettre vers eux, pour prendre quelques clichés.
Tentative gagnante, puisqu'ils me laissent gentillement une place idéale pour prendre des photos rapprochées.



Le soleil fait quelques apparitions à travers les nuages, ce qui permet d'obtenir des photos un peu moins monotones, en prenant les voitures dans la descente vertigineuse qui précède le passage à l'équerre.


Une ancienne Simca Rallye 3 nous offre un passage on ne peut plus propre


Certains, un peu plus optimistes, font des passages impressionnants pour les photographes, mais nettement moins performants si l'on s'en tien au chronomètre. Ca donne du travail aux commissaires et aux habitués qui se ruent à la rescousse des équipages en détresse.




C'est la fin de la spéciale ES1. J'ai extrèmement froid aux orteils, mais à part çà, je ne souffre pas trop du froid. Pour voir le reste du circuit, je rejoins l'arrivée en empruntant la piste. Pas d'emplacement extraordinaire dans la partie restante. J'arrive à la voiture que je m'empresse de faire chauffer pour me dégeler un peu les pieds, et j'avale un chocolat chaud.
J'ai alors trois solutions. Soit je rentre au chaud à la maison, considérant que j'en ai assez pour aujourd'hui, soit je m'empresse de partir sur la spéciale ES3, impliquant 45 minutes de route et sans résultat garanti, ou bien j'attend un peu dans la voiture pour la ES6 qui se tient au même endroit, mais en sens inverse et de nuit. Je choisis cette option, en espérant arriver à dompter le Canon pour obtenir quelque chose de convenable.

Je prend l'autre moitié du circuit que je n'avais pas encore parcouru, où je trouve un énorme virage, mais cette partie est strictement interdite à tout public. Dommage, il y avait surement de superbes photos à faire ici. Je continue tranquillement.
Les températures ont clairement chutées avec l'arrivée de la nuit, et les gants ne sont pas de trop. Bien protegé dans ma capuche, je m'installe finalement au même virage que celui ou j'avais achever la ES1. Surprise, les commissaires ont placé une voiture de manière à éclairer le virage avec les phares.


Ceci me paraissait génant de prime abord, mais finalement, c'est un atout de choix pour éclairer les sujets. J'en profite pour faire deux trois réglages, mais je m'apercois que les flocons de neige assez abondants ne font absolument pas bon ménage avec le AI Servo de l'appareil, et que le flash fait scintiller de nombreux points blancs qui gachent toutes les photos. Il neige trop, je n'arrive à rien, tant pis, je range l'appareil et j'observe la course.
C'est évidement ce moment là que choisi une Porsche 911 pour monter tout droit sur le mur de neige, engendrant une grosse frayeur chez des spectateurs un peu inconscients.


La neige s'arrête presque, et je décide de ne pas rester sur un échec. Je sors l'appareil à nouveau, prend mon courage à deux mains, et je règle deux trois paramètres, plus en tatonnant qu'en sachant précisement ce que je cherche. Bingo!



On retrouve bien évidemment les mêmes voitures qu'en début d'après-midi, mais cà me permet d'en prendre certaines qui m'avaient échappé l'après-midi, comme une Homell Berlinette, ou cette Alfa Romeo 33 4x4.


On remonte un peu vers la sortie de virage, histoire de changer deux trois vues. Les gilets réflechissants des comissaires ne m'aident vraiment pas, mais on s'en contentera pour ce coup-ci.


Les petits gabaris nous offrent des passages assez remarquables, avec des angles assez importants, et des coins de pare-choc qui passent à raz d'une pierre découverte progressivement à la corde.



Il reste une quinzaine de voitures à passer, c'est le moment d'essayer des choses innovantes. J'avais reperé une place au milieu de la ligne droite. J'emmène tout mon matos, et je progresse dans la poudreuse, ou plutôt je m'enfonce jusqu'à la moitié des cuisses. Ca y est je suis en place, l'appareil sur le trépied, prêt à faire une tentative de pose longue.



C'est plus ou moins réussi car les rampes de phares à l'avant des voitures croisent à un moment l'objectif, ce qui provoque une sorte de halo sur la photo. Tant pis, c'était un essai, et je retourne au niveau des commissaires. Juste à temps pour saisir la dernière voiture, une Austin Mini qui vient s'encastrer dans le mur de neige. La voiture balai passe, et je m'empresse de ralier le parking.


Effectivement, il fait -10°C dehors, et il est presque 23:00. Le retour se fera lentement sur des routes enneigées, avec toute la lenteur que ca implique. On n'est plus au rallye, il faut être prudent si l'on veut pouvoir revenir l'an prochain.


Cette première journée de sport automobile de 2010 s'est averée très intéressante, avec une épreuve relativement spectaculaire. Je suis relativement satisfait de ma prise en main de l'appareil, même si je n'ai absolument pas la prétention de faire des clichés parfaits, loin de moi cette idée.
J'ai aussi pu me rendre compte que certains choses me manquaient, comme une lampe pour régler la nuit, ou des gants fins. Je vais essayer de me trouver çà relativement rapidement.

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